16 juin 2015 - Atelier géothématique - Nature et Biodiversité - Saint Médard en Jalles (33)

publié le 16 juin 2015 (modifié le 15 septembre 2015)

Le deuxième atelier géothématique de l’année, consacré au thème « nature et biodiversité » a réuni 45 personnes le 16 juin 2015 à Saint-Médard-en-Jalles (voir le programme de la journée et la liste des participants à cette journée sur l’intranet de la DTerSO).

La journée a débuté avec un exposé sur le Système d’Information Nature et Paysage (SINP) et sur l’Observatoire National de la Biodiversité (ONB) par Yannick Lebeau de la DGALN. Différentes composantes en lien avec ces projets ont été présentées. Ainsi, les premiers portraits de la biodiversité communale seront livrés en juin 2015 et regrouperont, à la commune, un nombre important d’informations (occupation des sols, pollution lumineuse, richesse en biodiversité, etc). Le projet OGAM (IGN, MEDDE, MNHN) vise quant à lui au développement d’un outil (web et nomade) de capitalisation des données naturalistes. Une version de ces applications fonctionne aujourd’hui en mode démonstration. Grégory Caze, du Conservatoire Botanique National Sud-Atlantique, a ensuite présenté l’observatoire de la flore sud-atlantique et l’organisation (OFSA) du SINP en Aquitaine et en Poitou-Charentes. Les CBN s’inscrivent dans le cadre national du protocole SINP ; ils ont pour mission d’animer les réseaux thématiques locaux dans le domaine de la biodiversité végétale, de gérer, valider et diffuser les données. L’OFSA, en tant que plateforme thématique SINP régionale, assure ainsi la normalisation technique (cf. format standard de données Flore/Habitats), la normalisation scientifique (mise en conformité avec le référentiel taxonomique national), la validation scientifique et la diffusion des données.

En complément, le programme national de cartographie des végétations (CarHAB) a pour objectif d’établir un système d’information sur les végétations de France au 1/25000ème avec une approche phytosociologique et paysagère. Après un rappel sur l’historique du projet ainsi que sur des notions de phytosociologie paysagère, les deux étapes de constitution de la cartographie ont été expliquées par Loïc Commagnac (IGN) : tout d’abord, une pré-cartographie est produite, il s’agit d’un premier découpage des milieux naturels combinant une couche sur l’aspect de la végétation (fond physionomique) et une couche sur les principales variables environnementales (fond environnemental). Cette pré-cartographie doit être réalisée en collaboration par les différents partenaires du projet. Dans un second temps, ces fonds seront assemblés puis la couche résultante remplie par des opérateurs sur le terrain pour préciser les habitats rencontrés. Le Cerema, représenté par Eric Guinard, intervient dans la constitution du fond physionomique, notamment pour l’élaboration de la méthode de réalisation d’un masque urbain et pour la définition des milieux ouverts de basse altitude et d’altitude qui repose sur des traitements de télédétection.

La fin de la matinée a été consacrée aux outils géomatiques développés dans les services déconcentrés en vue de la capitalisation de la connaissance environnementale. Il s’agit d’applications basées notamment sur QGIS, destinées à des publics de non-spécialistes et qui contribuent directement à l’amélioration de la gestion de l’information sur les territoires. Un kit de cartographie des habitats naturels Natura 2000 a été mis en place en Aquitaine sous pilotage de le DREAL (Maylis Guinaudeau) à destination de l’ensemble des opérateurs N2000 afin d’obtenir des données SIG homogènes et consolidées. Valentin Le Tellier a présenté la base sur les mesures compensatoires développée en Languedoc-Roussillon et en cours de déploiement dans les services instructeurs des DDT. Enfin, en Limousin, un SIG de visualisation, consultation et saisie des projets soumis à l’autorité environnementale permet de porter à la connaissance des porteurs de projets les projets connus afin qu’ils appréhendent la notion d’effets cumulés.

L’après-midi a traité de la prise compte spatialisée des enjeux de la biodiversité dans l’aménagement du territoire. Au niveau des Schémas régionaux de cohérence écologique, il s’agit principalement de la cartographie des trames vertes et bleues dont le choix de la méthode de construction a été laissée libre aux régions dans le respect des orientations nationales. Cette liberté peut conduire à des écarts dans la production cartographique selon l’approche retenue (par exemple, paysagère ou espèce) : Lucille Billon du Muséum National d’Histoire Naturel a illustré cette problématique via l’étude menée sur la cohérence interrégionale des TVB entre les régions PACA et Rhône-Alpes.
Vanessa Rauel (Cerema) a ensuite introduit la séquence « TVB et cartographie environnementale dans les documents d’urbanisme » en présentant le contexte, les principales définitions et méthodes associées. Laurent Couderchet (Laboratoire Adess, Université de Bordeaux), au travers de travaux réalisés sur la TVB bocagère de la région Poitou-Charentes et plus particulièrement sur le SCoT de l’agglomération du bocage bressuirais, a rappelé que les données géographiques utilisées pour faire ces études locales doivent être analysées et critiquées pour que les interprétations déduites soient cohérentes et valables. La méthode proposée dans le projet AMELI repose sur les connaissances locales sans préjuger de la primauté d’un savoir sur un autre et sur la base d’échanges itératifs avec différents acteurs locaux. La fédération des chasseurs de Midi-Pyrénées (Johan Roy) propose également une approche participative pour constituer un ensemble de connaissance sur les espèces ordinaires cynégétiques. Ces informations, qui intègrent également des données sur la faune piscicole et l’activité halieutique, enrichissent l’élaboration des trames vertes et bleues des documents d’urbanisme et de planification ou l’analyse des enjeux des projets d’aménagement.

Enfin, le sujet de la géomatique pour la gestion de la nature en ville a été abordé par Benoît Gourgand (Cerema) via la présentation d’une étude commanditée par la DGALN. Il s’agissait de faire un recensement des actions actuelles dans les collectivités afin de faire émerger des perspectives pour aider à la mise en place d’un SI(G) commun. Le travail effectué montre l’impact des partis pris sur les analyses produites : choix du périmètre de la ville retenu, type de données utilisées, restrictions éventuelles (par exemple, inclusion ou pas de la nature présente sur les parcelles privées pour l’étude zones vertes) et échelles d’interprétation.
Les 11 interventions qui ont rythmé la journée, ont permis de montrer la richesse de ce domaine et l’apport de la géomatique dans l’analyse des phénomènes en jeu.

Le prochain atelier devrait avoir lieu en octobre sur un thème qui reste à définir.

Pour toute information concernant la journée, merci de contacter laure.chandelier@cerema.fr et stephane.domingo@cerema.fr


Télécharger :