2 juillet 2014 - Atelier géothématique - "Quels usages pour les données 3D haute résolution ?" - CVRH de Toulouse (31)

publié le 20 juillet 2015

La journée a réuni une cinquantaine de personnes. Retrouvez ici le compte-rendu de la journée avec les présentations et documentations associées.

Le 2 juillet dernier s’est tenu au CVRH de Toulouse le second atelier géothématique de l’année (voir le programme). Il avait pour thème « Inondation, aménagement, foresterie, transport,… : quels usages pour les données 3D haute résolution ? ». Une cinquantaine participants étaient réunis, issus principalement de DDT, DREAL, DRAAF, du CEREMA et de l’IGN.


Illustration de l’exploitation d’un MNT pour la problématique inondations,
source : CEREMA - DterSO

Laure Chandelier (Direction territoriale Sud-Ouest du CEREMA) a introduit la journée en en rappelant les motivations. La cartographie des surfaces inondables et des risques d’inondation dans les TRI, imposée par la directive "Inondation", a nécessité l’exploitation de données 3D haute résolution issues de levés lidar aéroporté. Par ailleurs, l’IGN a engagé, sur l’ensemble du territoire, la réflection complète du thème altimétrie de la composante topographique du référentiel à grande échelle (RGE Alti). Ainsi, les services ont, ou auront bientôt, à leur disposition un outil riche mais complexe. L’objectif de la journée était donc de disposer d’un panorama des applications potentielles et des méthodologies associées, quelque soit le domaine métier. Elle s’est organisée selon quatre thématiques : inondations et submersions, foresterie, aménagement et réseaux, géologie et hydrogéologie. La fin de la journée a permis un rappel sur les caractéristiques des produits d’altimétrie haute résolution ainsi qu’une synthèse de l’enquête sur les utilisations, menée en amont à cette journée dans le grand sud-ouest.

La session sur les inondations et submersions a permis de mettre en perspective différentes approches. Frédéric Pons de la Direction territoriale méditérannée du CEREMA a notamment présenté l’ensemble des outils développés dans le cadre de la directive inondation et leurs utilisations. L’expérience acquise au cours du traitement de plus de 40 TRI montre que l’exploitation de données lidar implique un changement de philosophie : si les modèles 3D haute résolution fournissent un résultat quasi-immédiat, celui-ci doit impérativement être interprété par l’expert métier. Plus localement, pour de la cartographie d’hauteurs d’eau dans les zones potentiellement inondables, la DREAL Poitou-Charentes (Bernard Sabourin) a commandé une étude à la Dter-SO du CEREMA (Aurélien Andrieu) basée sur des calculs de hauteurs d’eau à partir d’une isocote. Les résultats comparés aux données produites par un bureau d’études montrent la cohérence des méthodes. David Flamanc de la DREAL Midi-Pyrénées a ensuite proposé une synthèse de cas d’utilisationdes données Litto3D pour des études de risque inondation et de submersion en contexte insulaire caribéen. Le thème s’est clos avec la présentation de la DDTM 40 (Dominique Choquet) relative au retour d’expérience de l’inondation qui a touché les Landes en janvier 2014 : là aussi, le traitement mis en oeuvre n’utilise pas de modèle hydraulique mais la comparaison avec les relevés terrain effectués montre que les résultats peuvent être suffisants pour certaines des applications visées (atlas des zones inondables dans des secteurs à forts enjeux ou utilisation en cellule de crise).

Le second thème abordé était la forêt. Fabienne Benest (IGN) a présenté le projet Pinastéréo qui vise à estimer le volume de la biomasse forestière à partir d’un modèle de canopée obtenu par différence d’un modèle numérique d’élévation issu d’imagerie Pléiades et du modèle numérique de terrain de la BD Alti. Les résultats de ce projet de recherche sur le territoire landais sont encourageants et les travaux devraient se poursuivre. L’IGN est également intervenu en AMO auprès du conseil général de Guadeloupe pour un diagnostic complet des forêts de l’île. Amélie Lombard d’IGN Conseil détaille les livrables attendus de cet état des lieux qui comportait la réalisation d’un modèle numérique de hauteur et une cartographie des pentes. Ces informations ont été déduites d’un levé lidar dont la qualité est précisée dans la présentation.

Après la pause méridienne, des contributions sur l’apport de ces données altimétriques dans des contextes d’aménagement et de réseaux ont été proposées. Tout d’abord, Philippe Bodéré de la DDTM40 est intervenu pour présenter la démarche mise en oeuvre suite à une demande du Service Aménagement Habitat. Il s’agissait de matérialiser les lignes de crête pour pouvoir détecter les espaces caractérisés par une covisibilité avec l’océan. Le PNE progiciels géomatiques a été sollicité et a apporté son appui pour la définition d’une méthode adaptée. Sur un autre sujet, Sébastien Saur a expliqué l’apport des données 3D pour la gestion et l’entretien des réseaux aériens à travers deux projets sur lesquels, là aussi, IGN Conseil est intervenu en AMO (RFF et RTE).

La dernière session était consacrée aux applications dans le domaine géologique. La DterSO du CEREMA a présenté l’utilisation de MNT haute résolution pour l’étude des drainages superficiels (Sébastien Rucquoi) et pour la recherche d’indices topographiques de risque d’effondrement karstique (Yves Nédélec). David Flamanc a complété avec un retour d’experience d’étude des mouvements de terrain mettant en oeuvre des données d’origines différentes, avant et après éboulement (levé lidar aéroporté et héliporté). Des mesures objectives ont pu être obtenues et ont fourni des éléments concrets, notamment pour identifier les zones potentiellement sensibles. Ce type d’analyse a ensuite vocation à être intégré dans le PPR.

Pour conclure la journée, Sébastien Saur et Amélie Lombard sont revenus sur le produit RGE Alti et notamment sur les caractéristiques des méthodes d’acquisition qui permettent de constituer ce référentiel. En effet, la technologie utilisée dépend du contexte : lidar aéroporté pour le littoral et les zones inondables, radar en montagne, corrélation d’images aériennes dans les contextes urbains et ruraux. Les spécifications sont variables car dépendent de la méthode employée. L’IGN précisera, à l’issue de cette journée, les modalités de diffusion de ce référentiel (éléments à venir sur cette page). En complément du RGE Alti, Isabelle Léonardi d’IGN Espace rappelle qu’il est également possible pour des besoins plus ponctuels et notamment pour du suivi dynamique de recourir à des MNT/MNS issus d’imagerie spatiale, notamment Pléiades. Des exemples de ces produits ont été présentés sur différents contextes (côte Aquitaine, Limoges, Saint-Pierre-et-Miquelon).

En conclusion à cette journée qui aura permis d’aborder un certain nombre d’applications à base de données altimétriques haute résolution, Laure Chandelier fait un retour de l’enquête menée en mai et juin sur les utilisations de ces données dans les services : sans surprise la thématique la plus abordée est celle des inondations. Les attentes des services en matière de formation sont importantes (84% des sondés) et iront très probabement en s’accroissant avec l’arrivée du RGE Alti (notamment pour disposer d’informations sur les méthodologies d’exploitation). Les dispositifs pouvant répondre à ces besoins restent à construire tout comme les organisations à mettre en place dans les services pour être à même de gérer correctement ces données.

Pour toute information concernant la journée, merci de contacter laure.chandelier@cerema.fr et stephane.domingo@cerema.fr"


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