COLLOQUES SÉMINAIRES
 

Retours sur Uhinak IIéme congrès transfrontalier sur le changement climatique et littoral

publié le 9 décembre 2016 (modifié le 20 décembre 2016)

Les 27 et 28 septembre derniers le congrès « Uhinak »1, aborde les thèmes des impacts du changement climatique et des phénomènes extrêmes sur le littoral les communications du Cerema….

Le thème du congrès : le Golfe de Gascogne et les conséquences du changement climatique

Cette rencontre associait des participants français et espagnols. Dans cette deuxième édition le cadre d’étude est le Golfe de Gascogne, depuis la Galice jusqu’en Bretagne. Cette rencontre bénéficiait du fort dynamisme sur ce sujet présent au sein des acteurs scientifiques et techniques du Pays Basque.

Congres Uhinak 2016

Une attente toute particulière des organisateurs est la collaboration transfrontalière et la création de synergies.

Plus d’une centaine de participants se sont ainsi réunis pour faire connaître des actions et des solutions appropriées pour assurer la gestion, la défense et la protection du littoral en tenant compte des conséquences du changement climatique. Il s’agissait tant de responsables d’administrations ou établissements publics, de scientifiques et experts internationaux, de grandes associations, que d’entreprises du secteur.

Quatre approches se sont succédées :

  • les défis du changement climatique dans le golfe de Gascogne,
  • ses effets et les adaptations,
  • les évènements extrêmes
  • et l’aide à la prise de décision.

Les communications du Cerema

1- Les différentes utilisations d’images satellitaires à haute résolution au service de l’observation du littoral et de la gestion l’érosion côtière.

La gestion Intégrée du trait de côte sur le littoral français

Cartographie de traits de côte« Cette Stratégie nationale, adoptée par le ministre en charge de l’Environnement en mars 2012, exige que le littoral français soit observé globalement et régulièrement afin de gérer au mieux son évolution, de manière intégrée et non locale.

Des mesures locales hétérogènes
Ce suivi s’appuie sur une analyse de la mesure de la position du "trait de côte". Il requiert la définition et l’observation d’indicateurs du milieu liés à l’altimétrie, à l’hydrodynamique, à la géomorphologie ou à la botanique.
Toutefois, les mesures locales aujourd’hui disponibles sont hétérogènes de par la diversité des méthodes et des outils de levé, la multiplicité des opérateurs, la variété des périodes de levé et parfois même le recours à différentes définitions du "trait de côte". Ainsi, elles ne permettent pas d’avoir une vision intégrée du trait de côte.

Cartographie des faciès littoraux

Des images spatiales à haute résolution
En parallèle, les satellites d’observation de la Terre fournissent des images avec des résolutions spatiales, spectrales et/ou des revisites temporelle très élevées.
Le développement d’outils libres d’extraction de l’information des images et le contexte politique, facilitant l’accès à la donnée, rendent l’imagerie satellitaire de plus en plus accessible en termes de coût et de technicité pour des utilisations en lien avec les besoins sociétaux.

Une méthode qui répond aux besoins des politiques publiques
S’inscrivant dans le cadre de ces politiques nationales, le Cerema conduit des études utilisant l’imagerie satellitaire pour la cartographie de traits de côte et l’observation du littoral en réponse aux besoins des politiques publiques en particulier sur les risques et l’aménagement du littoral.

Des méthodes semi-automatiques de cartographie
Les études du Cerema mettent en œuvre ces méthodes à l’aide d’une chaîne de traitement du trait de côte et de ses éléments caractéristiques (faciès, ouvrages, jet de rive, … ). Ces techniques de télédétection permettent de cartographier le trait de côte, avec des niveaux d’automatisation et de complexité variant suivant la définition du trait de côte et les indicateurs retenus pour la cartographie du trait de côte.

Des exemples d’interventions du Cerema
Le Cerema a mené des études sur différents types de côte sur Saint-Pierre et Miquelon, le Grau du Roi et sur la côte Atlantique. Exploitant des images Pléiades acquises dans le cadre de Geosud, les développements faits sur différentes géomorphologies (cordons dunaires, cordons de galets et secteurs anthropisés) ont permis de localiser le trait de côte avec une précision métrique (2 à 5 m) mais aussi de cartographier les faciès littoraux, le jet de rive avec une précision de l’ordre de 50 cm et les ouvrages côtiers de manière quasi-exhaustive. 
Pierre Lainé

2 - Une stratégie pour la gestion intégrée des mouillages fixes des navires de plaisance sur le littoral rétais.

Une réflexion pour corréler données existantes et effort terrain.
Une méthode d’approche pragmatique proposée, s’efforce de répondre :

  • aux manques de connaissances locales
  • et à la multiplicité des objectifs et des échelles de rendu attendues.

Une campagne d’observation construite autour d’un inventaire existant des aires de mouillages autorisées comme illégales
Elle est menée suivant deux approches :

  1. milieux naturels (habitats benthiques observés)
  2. et paysage (base photographique des cheminements).

Un protocole de suivi de la faune benthique fut aussi défini pour l’ensemble du littoral, et testé sur un site de mouillage.

Un Système d’Informations Géographiques a été ensuite constitué
après un travail préalable de collecte et de sélection des données existantes pertinentes (contraintes, équipements, accessibilité…), mêlant données thématiques et données d’observations récoltées.

Une analyse multi-critères a été conduite, s’appuyant sur un maillage du territoire et un traitement graphique réfléchi. La restitution des travaux a pris la forme d’un atlas de carte, à l’échelle du territoire d’étude mais aussi des aires de mouillages.

Carte des habitats benthiques et des aires de mouillage
Principes du carroyage du territoire

L’appropriation par les acteurs
Par sa volonté d’intégrer et de concilier les aspects environnementaux et d’usages, les données existantes et l’observation, la stratégie élaborée vise à être échangée et validée avec les acteurs. Elle a été définie pour être compréhensible par tous, depuis sa conception jusqu’à son rendu, en laissant la possibilité aux acteurs de pleinement s’approprier les méthodologies mises en œuvre. 

Stéphane Magri

3- L’entrée du Bassin d’Arcachon : un exemple d’observation de la dynamique sédimentaire.

On observe la dynamique sédimentaire au voisinage d’un ouvrage côtier en enrochement et on analyse les facteurs d’influence.

L’entrée du bassin d’Arcachon est soumise aux courants de marée qui engendrent des vitesses élevées et des déplacements importants des fonds. Des affouillements et effondrements préoccupants apparaissent le long de la façade est du cap Ferret.

La réponse propriétaires riverains à ces dégradations régulières de leur terrain les remèdes pires que le mal
Ils renforcent les limites maritimes en déversant des quantités importantes de blocs en matériaux divers. L’évolution du trait de côte stabilise, mais ne met pas fin aux affouillements ni aux effondrements. Les instabilités se déplacent notamment vers l’extrémité des défenses la plus proche de l’entrée du bassin.

La réponse du Cerema : la mise au point d’un modèle pour observer et comprendre le phénomène

Historique de la localisation de quelques instabilités le long de la façade est du cap Ferret

Les observations

  • on met en place des observations pour caractériser la dynamique événementielle du départ de sable au voisinage de cette extrémité Ces phénomènes échappent aux mécanismes sédimentaires communs sur la façade océanique. Ils sont associées à une adaptation progressive des utilisations du littoral.
  • ces observations consistent à des prises de vues vidéo depuis une embarcation légère avec une périodicité de l’ordre de la quinzaine de jours, et des prises de photographies depuis un point fixe de la zone sujette à effondrement avec un pas de temps de 10 minutes.

Les constations

  • elles montrent une décroissance sensible de l’intensité et de la périodicité des événements d’effondrement. En parallèle on assiste à une modification notable de l’environnement hydrosédimentaire de l’ouvrage, qui inclut notamment un allongement de la flèche sableuse. -* On constate, dans le même temps, un effondrement au sein des enrochements de la portion de rivage défendue, témoignant d’une persistance de leur fragilité.

Ces observations apportent des indications qualitatives d’un point de vue géométriques mais précises en matière de chroniques d’évènements. Elles permettent de quantifier la durabilité d’une adaptation du rivage à des conditions environnementales dominées par les courants et en évolution.
Elles serviront pour la mise au point d’un modèle. Il permettra de relier les observations événementielles, des mesures topographiques précises, et les processus hydrauliques et mécaniques qui les conditionnent, notamment les variations morphologiques naturelles des stocks de sédiments côtiers.

Auteur : Yves NÉDÉLEC